Découvrez le parcours de Julien DELAUNAY, Technical Artist et Programmeur chez Digixart, mais également VFX Artist en freelance :

IAD : Bonjour Julien, comment es-tu arrivé dans le monde du jeu vidéo ?

Julien : Je suis passé par une formation généraliste de game design en 3 ans, après avoir décroché mon bac. C’était un rêve d’enfance dans lequel j’arrivais de moins en moins à me projeter au fil de mon parcours scolaire…
Mais finalement, je me suis mis au défi de me lancer et j’y ai découvert une passion plus grande encore. C’était différent de ce que j’imaginais, mais finalement tout aussi bien, voire mieux !

Au début je n’avais pas d’orientation précise en tête, je voulais avant tout participer à la création d’un jeu. Finalement, je me suis rendu compte que je portais une attention particulière aux effets spéciaux, au sound design et à l’animation.

IAD : Tu as travaillé sur Road 96 de DigixArt, comment cela s’est-il passé ?

Julien : Le développement de Road 96 a été une montagne russe émotionnelle.

Lors de mon arrivée en stage, le studio était dans le déclin financier. Heureusement des sociétés ont eu confiance en notre projet et en ont financé une partie, nous permettant de lancer la production.
Le studio a recruté de nouveaux membres, déménagé ses locaux et enfin, achevé la production du jeu qui, au fur et à mesure des trailers, a attiré l’attention des joueurs. Le jeu a finalement eu beaucoup de succès, et de notre point de vue, c’était très satisfaisant de contempler leur engouement !

IAD : Ton métier nécessite-t-il beaucoup de travail d’équipe ?

Julien : Il implique beaucoup d’interactions avec les graphistes et les autres programmeurs mais également avec les game designers.
Pour implémenter une technologie de rendu de l’image, je dois montrer aux graphistes comment travailler avec, et indiquer aux autres programmeurs comment celle-ci est intégrée.
Aussi, lorsque par exemple, je crée un effet visuel, je dois communiquer avec les game designers pour déterminer les informations visuelles essentielles à faire passer au joueur.

IAD : Justement, peux-tu nous expliquer ton métier plus en détail ?

Julien : Technical Artist, c’est un peu un métier couteau-suisse qui demande des connaissances en art et en programmation.
Je dois par exemple créer des effets visuels, programmer des shaders, mettre en place des processus de gestion d’assets graphiques, etc. Cela consiste également à maîtriser les langages de programmation pour coder les fonctionnalités du jeu ou les outils qui permettront de développer celui-ci.
Je dois également aider les autres artistes à s’exprimer en faisant face aux contraintes du temps réel, obligeant à minimiser les calculs effectués par l’ordinateur ou la console.
Et surtout, utiliser toutes ces connaissances pour créer des effets ou des éléments visuels, de l’interaction, afin de rendre le jeu plus immersif.

IAD : D’après toi, quelles qualités sont indispensables au Technical Artist ?

Julien : Un Tech Art doit être curieux, observateur et persévérant. Les défis techniques les plus complexes demandent aussi de la rigueur et de la patience.
Pour cela, il faut maîtriser la programmation, les maths et les principes artistiques fondamentaux (observer, analyser et comprendre les phénomènes physiques comme la lumière par exemple).

 

« J’ai très vite apprécié la satisfaction de résoudre des défis techniques

et de maîtriser des outils me permettant de

créer plus ou moins tout ce qui me passe par la tête. »

 

IAD : Que retiens-tu de ton parcours ?

Julien : Une de mes meilleures expériences était le développement de mon premier jeu étudiant, que j’ai dû créer seul. La découverte de tous les outils de développement, les prototypes que j’ai crées et l’arrivée au résultat final ont été une des expériences qui m’ont le plus marqué.

Aujourd’hui je suis plus que convaincu que c’est une voie dans laquelle je souhaite poursuivre et évoluer. Mes années d’expérience en tant que professionnel m’ont permis de devenir plus confiant et moins réservé.

IAD : Qu’as-tu pensé de ta rencontre avec nos étudiants ?

Julien : Mon intervention s’est bien passée, la discipline enseignée les a beaucoup intéressé et ceux voulant s’orienter vers ce domaine ont beaucoup apprécié en apprendre plus sur les méthodes courantes dans le milieu professionnel mais aussi sur les contraintes rencontrées, comme par exemple, se confronter à des documentations très denses pour arriver à maîtriser certains outils, avant de passer à la pratique !

IAD : Des envies de travailler à l’étranger ?

Julien : Oui, c’est mon objectif principal ! Ce domaine nous donne la chance de pouvoir voyager et de créer avec des personnes de différentes cultures.

IAD : Quels sont les artistes et les jeux qui t’inspirent ?

Julien : J’ai une immense admiration pour les indépendants qui, avec parfois peu de moyens, arrivent à créer des expériences de jeu mémorables. Les studios comme Mobius Digital, The Game Bakers, Simogo ont su m’émerveiller en créant des jeux formidables au gameplay et à la direction artistique sortant de l’ordinaire.

IAD : Toi qui aimes les jeux indépendants, comment c’est, de travailler dans un studio indé ?

Julien : Le milieu indépendant donne plus de responsabilités mais aussi plus de liberté créative. Le gros avantage est de pouvoir toucher à plusieurs aspects du jeu et d’avoir plus d’impact sur le résultat du jeu !
En contrepartie, cela demande davantage de polyvalence, et induit parfois une situation professionnelle moins stable, due au manque de moyens et d’encadrement.

IAD : À quel jeu joues-tu en ce moment ?

Julien : Un des jeux m’ayant le plus marqué récemment doit être Sayonara Wild Hearts, un jeu musical au gameplay simple mais terriblement efficace. Les visuels, les mises en scène et l’ambiance du jeu en font un condensé d’excellence, c’est difficile de lâcher le jeu sans le terminer d’une traite !

J’ai toujours beaucoup aimé les jeux de rythme et je cherche souvent des petits jeux originaux comme celui-ci.

IAD : Une sage parole à partager ?

Julien : Essayer de sortir de sa zone de confort lorsqu’on en a l’occasion, c’est la meilleure façon de continuellement apprendre de nouvelles choses et cela devient très vite satisfaisant lorsque l’on contemple le résultat de ses efforts.
Pour moi, l’un des plus gros pièges dans lequel on puisse tomber, c’est de se reposer sur ses acquis, car notre domaine évolue constamment et il faut être capable de suivre.

Cependant, être pro-actif est une bonne chose mais il faut aussi savoir laisser les idées se reposer et aller chercher de nouvelles inspirations ailleurs, profiter de son temps-libre pour se ressourcer et revenir sur son projet avec les idées plus claires !

IAD : Et un petit mot pour finir ?
Julien : Faites des jeux, c’est chouette 🙂

Merci Julien ! Retrouvez ses travaux sur ArtStation ici.

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